Quelque chose qui demeure
16 boulevard des Invalides, 75007
March 20 - April 3, 2026
Mon - Sun; 11am - 7pm

Dans cette nouvelle série, Oussama Garti poursuit une recherche silencieuse autour de ce qui, dans l’expérience du monde, résiste à la disparition. Ses œuvres naissent d’une tension fondamentale : comment retenir ce qui, par essence, se dérobe - un frémissement, une émotion, la trace fugitive d’un mouvement intérieur.
Les reliefs sculptés de la série Ripples semblent émerger directement de la surface du tableau. Le tissu, tendu puis noué, est figé dans un moment de tension, comme si la matière conservait la mémoire d’un geste ou d’une onde. Ces plis, à la fois organiques et architecturaux, évoquent la propagation d’une vibration : une impulsion presque imperceptible qui se diffuse dans l’espace du tableau avant de se suspendre.
Parallèlement, la série Odyssée s’oriente vers un autre territoire sensible : celui de l’eau. Non pas l’eau comme paysage ou motif, mais comme expérience perceptive - surface mouvante, profondeur instable, infinies modulations de bleu. Garti ne cherche pas à représenter l’élément liquide ; il en prolonge plutôt l’émerveillement, comme si la peinture pouvait accueillir la mémoire d’un regard posé sur la mer.
Pour la première fois, ces deux recherches se rencontrent. Le drapé des Ripples devient un lieu d’accueil pour la mouvance d’Odyssée, parfois même pour sa couleur. Une mémoire liquide semble alors venir habiter la matière. Les formes évoquent des phénomènes plus vastes : l’écume qui apparaît et disparaît, la superposition des vagues, les rythmes silencieux d’une surface en perpétuelle transformation.
Ainsi, l’exposition Quelque chose qui demeure ne cherche pas à fixer le monde mais à en retenir l’écho. Dans ces surfaces tendues entre immobilité et mouvement, Oussama Garti donne forme à une expérience fragile du temps : celle d’un instant suspendu, où la matière devient le lieu d’une mémoire sensible.


